Le premier volet du plan de redressement d’ensemble que le Premier ministre a présenté, les annonces budgétaires pour 2026 et le programme de désendettement, concentrent toute l’attention. Certes la dette publique a presque doublé depuis le début du siècle, passant d’environ 60 % à 114 % du PIB aujourd’hui. Certes, le déficit public de la France a été supérieur à 3 % lors de 20 exercices budgétaires (sur 24) depuis l’an 2000. Mais ce sont les causes de cette crise qu’il s’agit de traiter. La reconquête productive à juste titre évoquée dans les propos du Premier Ministre mérite plus de considération que le débat sur le lundi de Pâques.
La désindustrialisation s’est en effet poursuivie dans le dernier quart de siècle, de manière accélérée jusqu’au milieu des années 2010, avant de connaître un coup d’arrêt. C’est ce mouvement de repli productif, particulièrement marqué en France, qui entretient l’appauvrissement général, la fragilisation du financement de notre modèle social, les déséquilibres territoriaux. Durant les quatre dernières années, le déficit commercial de la France a dépassé les 100 milliards d’euros, et la part de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière dans la valeur ajoutée totale est proche de passer en-dessous de la barre des 10 %.
Comme le soutient Refondation Républicaine depuis plusieurs années, la définition et la mise en œuvre des stratégies de filière, proposées par François Bayrou dans son plan de redressement, forment un instrument de politique industrielle indispensable. Une démarche de planification industrielle moderne, produit par produit, correspond à un nouveau mode d’intervention de l’État dans l’économie que nous appelons de nos vœux. De même que la préservation d’une énergie abondante, bon marché et décarbonée.
Au-delà des difficultés actuelles et des mesures désagréables, la relance de l’activité industrielle et une démographie dynamique permettront à la Nation de se projeter dans l’avenir.