Communiqué de Refondation Républicaine, 30 juillet 2025.
Ce n’est pas un accord commercial qui a été conclu entre les États-Unis et l’Union européenne, c’est une capitulation, une sorte de tribut que le vaincu doit verser au vainqueur. A 27, l’Union a obtenu des droits de douane de 15 %, quand le Royaume-Uni seul a obtenu 10 %… Comme n’ont cessé de le rappeler les vrais défenseurs de l’idéal républicain, les souverainetés ne s’additionnent pas. Un seul État souverain s’affirme avec plus de force que 27 États qui ont abandonné leur souveraineté. Cet arrangement consacre l’incapacité de l’Union à défendre son autonomie stratégique et son appareil productif.
Ceux qui affirmaient que les pays d’Europe seraient plus forts grâce à l’Union sont face à un tableau désastreux : des droits de douane sans contrepartie, des engagements surréalistes quant à l’achat d’énergie aux États-Unis et à l’investissement européen outre-Atlantique, un état de sujétion inacceptable. Mais, atlantiste par construction, l’Union européenne du traité de Lisbonne était incapable de négocier sérieusement et de résister, tant l’esprit de ses dirigeants était par avance lui-même inféodé à la puissance américaine. On évoque un accord du moindre mal, sans voir qu’il nous prépare à d’autres déconvenues, d’autres sanctions, d’autres humiliations.
Cette capitulation n’est pas une surprise pour ceux qui ont dénoncé, depuis plusieurs décennies, le dogme de la mondialisation néolibérale et les choix erronés qui ont présidé à la « construction européenne ». Nous avons procédé dans le passé à des transferts de compétences nationales majeures, dont la politique commerciale, et nous voyons aujourd’hui nos intérêts nationaux bradés. Désindustrialisation, appauvrissement, affaiblissement de la démocratie… Voilà ce que nous devons à l’Union européenne telle qu’elle s’est construite. C’est au contraire une Europe de projets qu’il aurait fallu bâtir, à partir des forces et de la volonté politique des nations qui la composent.
Aujourd’hui la faiblesse européenne et la division des États membres sont à nouveau révélées ; nous sommes des proies. L’apathie de l’Europe ne peut que s’accentuer dans les prochaines années : la bataille techno-productive que se livrent les États-Unis et la Chine à coups de centaines de milliards d’investissement risque de mener au décrochement durable du continent européen.